Monsanto, une entreprise mortifère - Dossier ! - 12/10/2015

 

 

Des récoltes records depuis l'abandon du Roundup de Monsanto au Salvador:

 

Article du site mieux-vivre-autrement.com :

 

Quand raison et moisson vont de paire. Le Salvador, qui a tourné le dos aux grandes multinationales semencières et phytosanitaires, voit ses récoltes exploser ! En abandonnant le Roundup de Monsanto et en favorisant la culture de graines locales, le pays a considérablement amélioré son système agricole, qui gagne en durabilité et en productivité.

 

Il y a deux ans, le Salvador votait l'interdiction de 53 produits phytosanitaires à usage agricole. Ce grand pays producteur de café, coton, maïs et canne à sucre retirait du marché, entre autres, le Roundup de Monsanto (au glyphosate), récemment classé "cancérogène probable" par l'OMS (Organisation mondiale de la Santé).

 

Avec un plan pour émanciper l'agriculture familiale en 2011 :

 

Pour protéger le patrimoine semencier salvadorien et assurer la production agricole, le gouvernement de l'ancien président Mauricio Funes lançait en 2011 le Plan pour l'agriculture familiale (FAP). À destination de quelque 400 000 familles d'exploitants, ce plan visait à revaloriser les semences locales et émanciper les petits producteurs des industriels des biotechnologies et de leurs OGM.

 

En crise, le système agricole était majoritairement dépendant des semences hybrides commercialisées par Monsanto, Pioneer et consort. Avant la mise en œuvre du FAP, 75 % du maïs et 85 % des haricots étaient importés selon le site d'information The Seattle Globalist.

 

Et les plantes cultivées sur le territoire étaient majoritairement issues de graines OGM stériles, non adaptées aux territoires et à leurs particularités, forçant le recours aux intrants chimiques. Réaffirmant sa souveraineté alimentaire, le gouvernement a donc décidé de rompre avec les industries semencières internationales pour favoriser les graines locales.

 

Et 18 millions de dollars d'investissement plus tard :

 

L'État a alors investit plus de 18 millions de dollars afin de livrer 400 000 exploitants en maïs H-29, développé par le Centre national de la technologie agricole et forestière (CENTA). Le maïs présente l'avantage d'être une variété locale, mieux adaptée aux terres salvadoriennes et plus résistantes à la sécheresse.

 

Selon le site Natural Society, l'agriculture du Salvador serait en pleine expansion. Le pays aurait connu des récoltes records depuis qu'il a banni certains phytosanitaires.

 

Si le Salvador s'est détourné des grands groupes internationaux spécialisés dans les biotechnologies, des questions demeurent quant à la pérennité du Plan agricole du pays.

 

Car le maïs H-29, bien que produit localement, est une variété hybride. Il a beau être mieux adapté au territoire du Salvador et nécessiter l'usage de moins d'intrant, il n'en est pas moins stérile.

 

Grande volonté politique et petits investissements financiers :

 

Bien qu'elle ne soit pas parfaite, en termes de pérennité, la politique agricole salvadorienne est exemplaire à plusieurs titres. Se peut-il que d'autres pays, voire des continents entiers, s'affranchissent définitivement de l'industrie semencière et phytosanitaire à l'avenir ?

 

Car nourrir les peuples plus sainement, sans polluer ni engraisser les grandes industries de l'agroalimentaire pourrait bien être le prochain grand défit de la planète. Un défit que le Salvador est en phase de relever.

 

On retiendra la méthode : volonté politique affirmée (Fap en 2011, puis interdiction des phytosanitaires en 2013), puis un investissement de (seulement) 18 millions de dollars, soit 45 dollars par exploitant, ou seulement 2,85 dollars pour chacun des 6,3 millions de Salvadoriens… C'est donc aussi simple que ça le changement. François, tu fais quoi ?

 

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Un peu d'histoire sur Monsanto... édifiant !

 

Cet article du monde (lemonde.fr) date de 2012, mais reste édifiant quand à l'histoire mortifère de Monsanto, éclaboussé par de nombreux procès, laissant beaucoup de morts derrière sa sinistre existence... Mais comme ses procès lui coûtent bien moins cher que ses profits, alors son histoire continue, puisqu'elle n'est que timidement contrecarrée par nos gouvernants...

 

Monsanto, un demi-siècle de scandales sanitaires !

 

La condamnation, lundi 13 février 2012, du géant américain de l'agroalimentaire Monsanto, poursuivi par un petit agriculteur charentais intoxiqué par un herbicide, est une première en France. A l'échelle de l'histoire de la multinationale, centenaire, cette condamnation ne constitue qu'une péripétie judiciaire de plus dans un casier déjà très chargé.

 

PCB, agent orange, dioxine, OGM, aspartame, hormones de croissance, herbicides (Lasso et Roundup)… nombre de produits qui ont fait la fortune de Monsanto ont été entachés de scandales sanitaires et de procès conduisant parfois à leur interdiction. Mais rien n'a jusqu'ici freiné l'irrésistible ascension de cet ancien géant de la chimie reconverti dans la biogénétique et passé maître dans l'art du lobbying. Portrait d'une multinationale multirécidiviste.

 

Un géant de la chimie… explosif :

 

Depuis sa création en 1901 à Saint-Louis, le petit producteur de saccharine devenu un des principaux semenciers de la planète n'a cessé de défrayer la chronique. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l'explosion accidentelle d'une usine de plastique Monsanto provoquée par celle d'un cargo français chargé de nitrate, qui fit 500 morts à Texas City en 1947, est ainsi restée dans les annales comme l'un des premiers désastres de l'industrie chimique.

 

Deux ans plus tard, c'est au tour d'une deuxième usine de la firme, à Nitro en Virginie, de partir en fumée. Cette fois-ci, la responsabilité de l'entreprise est engagée. Plus de deux cents ouvriers développent des chloracnés, un trouble aussi rare que sévère de la peau, rapporte Marie-Monique Robin, lauréate du prix Albert-Londres, dans son documentaire Le monde selon Monsanto.

 

L'accident révèle que le produit phare de la marque, l'herbicide 2,4,5-T, contient des niveaux élevés de dioxines, des substances hautement toxiques et cancérigènes, de composition assimilable à celle des polychlorobiphényles (PCB). La première étude suggérant la dangerosité potentielle de la dioxine était connue de Monsanto dès 1938 : la commercialisation de l'herbicide se poursuivra pourtant pendant près de quarante ans, avant son interdiction dans les années 1970.

 

Monsanto, qui a dirigé l'usine de Nitro entre 1934 et 2000, a par ailleurs fait l'objet d'une plainte déposée en 2007 par 77 habitants de Virginie atteints de cancer, qui accusent la compagnie d'avoir diffusé "illégalement" de la dioxine dans les environs de l'usine.

 

PCB : le procès de la honte :

 

En 2001, 3 600 habitants de la ville d'Anniston, en Alabama, attaquent Monsanto pour une contamination aux PCB. Selon un rapport déclassifié de l'Agence de protection de l'environnement des Etats-Unis (EPA), Monsanto a déversé pendant près de quarante ans des milliers de tonnes de déchets contaminés dans un ruisseau et une décharge à ciel ouvert, au cœur du quartier noir de la ville.

 

La façon dont The Washington Post rapporte l'histoire est édifiante : "Des milliers de pages de documents de Monsanto – dont beaucoup sont estampillés 'CONFIDENTIEL : lire et détruire' – montrent que pendant des décennies, la multinationale a dissimulé ce qu'elle faisait et surtout ce qu'elle savait. En 1966, des responsables de l'entreprise avaient découvert que des poissons immergés dans ce ruisseau se retournaient sur le dos en moins de dix secondes, pissant le sang et perdant leur peau comme s'ils avaient été bouillis vivants. Ils ne l'ont dit à personne", raconte le quotidien américain.

 

En 1975, une étude menée par Monsanto révèle que le PCB provoque des tumeurs chez le rat. La multinationale décide d'en changer les conclusions, de "légèrement tumorigènes" à "n'apparaît pas cancérigène". "Nous ne pouvons nous permettre de perdre un seul dollar": ainsi se conclut l'un des mémos consultés par The Washington Post.

 

Monsanto a finalement été jugée coupable en 2002 d'avoir pollué "le territoire d'Anniston et le sang de sa population avec les PCB". La firme sera condamnée à payer 700 millions de dollars de dommages et intérêts et à assurer le nettoyage de la ville. Aucune peine de prison n'a été retenue contre les responsables de l'entreprise.

 

En février 2007, The Guardian révèle que le géant agrochimique a appliqué les mêmes méthodes sur plusieurs sites en Grande-Bretagne entre 1965 et 1972. Le quotidien a eu accès à un rapport gouvernemental montrant que 67 produits, dont l'agent orange, la dioxine et des PCB, ont été identifiés dans une carrière au pays de Galles. En France, la fabrication et l'utilisation des PCB sont interdites depuis 1987.

 

Agent orange : condamné pour "empoisonnement" :

 

Durant ces mêmes années, entre 1961 et 1971, Monsanto produit l'agent orange, constitué à partir de l'herbicide 2,4,5-T, dont la dangerosité est largement connue depuis l'explosion de l'usine de Nitro. Ce défoliant sera massivement déversé par l'aviation américaine au-dessus des forêts vietnamiennes pendant la guerre. Les conséquences se font encore sentir aujourd'hui, avec de nombreux cancers et des malformations de naissance au Vietnam, ainsi que des séquelles diverses chez nombre d'anciens combattants américains.

 

Dans les années 1970, des vétérans du Vietnam ouvrent une Class Action contre les producteurs de l'agent orange. Monsanto se retrouve, au côté de six autres entreprises, accusé principal d'un procès en réparation pour empoisonnement.

 

En 1987, les sept producteurs de l'agent orange sont condamnés à verser 180 millions de dollars à un fonds de compensation destiné aux soldats américains.

 

Durant le procès, Monsanto présentera des études scientifiques démontrant l'absence de lien entre l'exposition à la dioxine et les nombreux cancers dont souffraient les vétérans, pour les débouter de leur action. Il sera démontré au début des années 1990 que ces études se fondant sur les conséquences de l'explosion de l'usine de Nitro en 1949 étaient biaisées.

 

Cette fraude scientifique sera confirmée par le National Research Council, qui constate que les études de Monsanto "souffraient d'erreurs de classification entre les personnes exposées et non exposées à la dioxine, et qu'elles avaient été biaisées dans le but d'obtenir l'effet recherché". L'affaire sera relatée en 1990 par Greenpeace et le chercheur Joe Thornton dans un rapport intitulé Science for Sale.

 

L'herbicide Roundup est-il toxique ?

 

Souvenez-vous de cette publicité et de ce bon chien Rex : "Roundup ne pollue ni la terre ni l'os de Rex". Elle a valu à Monsanto d'être condamnée deux fois, aux Etats-Unis et en France, pour des mentions mensongères placées sur l'emballage de cet herbicide total (qui élimine toutes les plantes).

 

En 1975, l'entreprise lance sur le marché Roundup, un herbicide très puissant présenté comme "biodégradable" et "bon pour l'environnement". En 1996, le procureur de New York condamne Monsanto à une amende de 50 000 dollars et au retrait des mentions jugées mensongères. En janvier 2007, la firme est condamnée en France (extrait du jugement) pour les même motifs à… 15 000 euros d'amendes. Roundup est aujourd'hui l'herbicide le plus vendu au monde.

 

Plusieurs études concordantes affirment pourtant que le pesticide phare de Monsanto – et son principe actif, le glyphosate – est potentiellement tératogène, c'est-à-dire responsable de malformations fœtales.

 

L'une d'entre elles, publiée fin 2010 dans Chemical Research in Toxicology, montre que l'exposition directe d'embryons de batraciens à de très faibles doses d'herbicide à base de glyphosate entraîne des malformations.

 

Monsanto réfute ces conclusions : "Le glyphosate n'a pas d'effets nocifs sur la reproduction des animaux adultes et ne cause pas de malformations chez la descendance des animaux exposés au glyphosate, même à très fortes doses", affirme la firme sur son site.

 

Lundi 13 février 2012, le rapporteur du Conseil d'Etat a asséné un nouveau coup dur au produit phare de Monsanto : il enjoint au ministère de l'agriculture d'en analyser la toxicité dans un délai de six mois et de statuer à nouveau sur l'autorisation de mise sur le marché du pesticide. (Note : le Roundup de Monsanto (au glyphosate), a été récemment classé "cancérogène probable" par l'OMS (Organisation mondiale de la Santé)).

 

Herbicide Lasso - interdit à la vente :

 

La condamnation qui a frappé, lundi 13 février 2012, le deuxième herbicide de Monsanto est plus significative. Les juges français ont en effet considéré que le fabricant de produits phytosanitaires devra indemniser "entièrement" le plaignant, Paul François. Ce céréalier ne travaille plus qu'à mi-temps, en proie à des fatigues chroniques et des maux de tête tenaces. Les médecins considèrent que son système nerveux central a été affecté à la suite de l'inhalation du Lasso.

 

Monsanto a fait appel. "Les produits de Monsanto sont conformes aux exigences de sécurité en place au moment de leur mise sur le marché. [La société] a une politique très rigoureuse en ce qui concerne l'évaluation scientifique de la sécurité des produits de protection des plantes", a réagi l'entreprise, dans un communiqué.

 

Jugé dangereux, cet herbicide est pourtant interdit au Canada depuis 1985, en Belgique et au Royaume-Uni depuis 1992 et en France depuis 2007 (il avait été autorisé le 31 décembre 1968).

 

Hormones de croissance : scandale chez Fox News :

 

Au début des années 1990, Monsanto commercialise son premier produit issu des biotechnologies : Posilac, l'hormone de croissance bovine recombinante (rBGH), une hormone transgénique destinée à augmenter la lactation des vaches de près de 20 %. L'hormone entraîne des mammites, des inflammations de la mamelle, qui contraignent les éleveurs à traiter leurs vaches avec des antibiotiques, dont on retrouve ensuite la trace dans le lait. Ce produit miracle est aujourd'hui interdit partout, sauf aux Etats-Unis.

 

Un documentaire canadien, The Corporation, raconte comment Monsanto a fait pression sur Fox News (groupe Murdoch) pour l'empêcher de diffuser une enquête dévoilant les dangers du Posilac en 1997. Cet extrait illustre le lobbying particulièrement agressif de la firme : non seulement l'enquête n'a jamais été diffusée, mais ses auteurs ont été licenciés par la chaîne.

 

OGM : des procès en pagaille :

 

Entre 1995 et 1997, le soja génétiquement modifié Roundup Ready, le colza Roundup Ready et le coton Roundup Ready, tous trois résistants à l'herbicide Roundup, reçoivent les autorisations de commercialisation. Détentrice d'un brevet aujourd'hui périmé sur le glyphosate (commercialisé sous le nom de Roundup), l'entreprise décide de changer de stratégie et entreprend de breveter le vivant. Elle produit actuellement 90 % des OGM de la planète.

 

Un quasi-monopole que la firme défend chèrement. Au cours des années 2000, Monsanto assignera ainsi devant les tribunaux des centaines de paysans accusés d'avoir utilisé "frauduleusement" ses semences transgéniques brevetées, c'est-à-dire de les avoir replantées.

 

Monsanto revendique des droits à la propriété intellectuelle sur certaines semences. Ce qui ne l'empêche pas d'être elle-même poursuivie pour acte de "biopiraterie". En août 2011, l'Autorité nationale de biodiversité indienne a ainsi annoncé qu'elle portait plainte contre la compagnie, accusée d'avoir mis au point une aubergine génétiquement modifiée (BT-Brinjal) à partir de variétés locales sans en avoir demandé l'autorisation.

 

Autre condamnation, aux Etats-Unis cette fois. Monsanto a accepté en 2010 de payer 2,5 millions de dollars d'amende pour avoir vendu du coton OGM non autorisé. L'Agence de protection de l'environnement (EPA) reproche à l'entreprise d'avoir violé la législation lui interdisant de vendre des cotons génétiquement modifiés dans certaines régions du Texas, où ces variétés étaient prohibées par crainte d'une résistance aux pesticides.

 

Aspartame : vers nouveau scandale sanitaire ?

 

Monsanto le précise clairement sur son site Internet : après en avoir été l'un des principaux producteurs dans les années 1980 et 1990, l'entreprise ne produit plus d'aspartame depuis 2000. La firme tient pourtant à insister sur le fait que cet édulcorant, le plus utilisé au monde, "ne provoque aucune maladie". (Hum... voir cet article sur l'aspartame.)

 

Des études récentes ont cependant mis en évidence un risque accru de naissances prématurées chez les femmes qui consomment ce produit. L'Autorité européenne de sécurité des aliments a même été invitée en mai par la Commission européenne à anticiper la réévaluation complète de la sécurité de l'aspartame en 2012.

 

Dans les colonnes du Monde (abonnés), Yann Fichet, directeur des affaires institutionnelles de la filiale française de l'entreprise, déplore que Monsanto soit devenu "un nom attractif pour qui veut faire de l'audience". Une réputation malmenée que la firme tente de gommer en déclinant sur son site les principes de sa charte éthique : "Intégrité", "Dialogue", "Transparence", "Partage", "Utilité" et "Respect". Contacté par Le Monde.fr, Monsanto n'avait pas répondu à l'heure où cet article était publié.

 

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La vraie fausse interdiction du Roundup : le coup de com de Ségolène Royal :

 

Article de juin 2015 du site bastamag.net :

 

Ségolène Royal vient d'annoncer l'interdiction, à partir du 1er janvier 2016, de la vente en libre-service aux particuliers des produits désherbants contenant du glyphosate, dont le fameux Roundup fabriqué par Monsanto. Un amendement à la loi de transition énergétique devrait être déposé au Sénat en juillet, a-t-elle précisé. Dans les faits, il ne s'agit pas vraiment d'une interdiction. Les particuliers pourront continuer à se fournir en pesticides contenant du glyphosate : les points de vente devront seulement limiter l'accès à ces produits qui devront être vendus non plus en rayon mais au comptoir.

 

Des aides financières seront mises en place « dans le cadre du plan éco-phyto » pour les points de vente qui se mettront en conformité avec la loi. Cette aide « servira à aider à former les salariés pour le conseil » et à « débarrasser les rayons de ces produits », a expliqué la ministre de l'Ecologie. Ce qui pourrait inciter les jardineries et détaillants à proposer des produits et méthodes de jardinage plus écologiques. Mais un accro à l'extermination chimique des mauvaises herbes pourra continuer d'acheter sa dose de pesticides.

 

Le Roundup, fabriqué par la multinationale Monsanto, est le premier désherbant utilisé par les jardiniers amateurs qui sont quelque 17 millions en France, rappelle Le Monde. Au total, 2 000 tonnes de cette substance sont utilisées chaque année par les particuliers, et 8 500 tonnes par les agriculteurs et autres professionnels ! En mars dernier, le principe actif du Roundup, le glyphosate, a été classé comme cancérogène « probable chez l'homme » par le Centre international de recherche sur le cancer. Une étude aussitôt dénoncée par Monsanto qui, dans un communiqué du 23 mars, fustige la « science poubelle » (junk science) de l'agence intergouvernementale.

 

Le 14 juin, à la veille de l'annonce de Ségolène Royal, la firme Monsanto a expliqué à l'AFP ne pas avoir à ce stade « d'information réglementaire concernant une évolution de l'autorisation de mise sur le marché du désherbant Roundup ». « Absolument aucune nouvelle donnée scientifique récente ne permet de remettre en cause l'autorisation [de vente du Roundup] », écrit Monsanto qui estime que « dans les conditions recommandées d'utilisation figurant sur l'étiquette, le produit ne présente pas de risque particulier pour l'utilisateur ». Pourtant, une récente vidéo ayant fait le tour des réseaux sociaux montre un lobbyiste pro-OGM refusant de boire du Round'up, juste après avoir affirmé sa non dangerosité pour les humains... Ce qui ne freine nullement la firme dans sa tentative d'obtenir la ré-homologation européenne du glyphosate pour les dix années à venir.

 

Effets d'annonce :

 

L'ONG Générations futures, qui milite farouchement contre les pesticides, tempère l'annonce de Ségolène Royal. « Le projet de plan Ecophyto 2 (actuellement en consultation publique) prévoit déjà dans son axe l'interdiction de "la vente en libre service" des pesticides au 1er janvier 2018. L'annonce de la ministre de l'Écologie ne fait donc que reprendre ce point et l'appliquer à un produit pesticide en particulier mais ne signifie pas l'arrêt de la vente du Round Up aux particuliers », écrit l'ONG dans un communiqué.

 

Par ailleurs, cette mesure ne s'applique pas à l'agriculture française très gourmande en pesticides. Or Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, a déclaré le 9 juin sur la chaine Public Sénat ne pas avoir d' « alternative » pour pouvoir interdire le glyphosate. «Nous serons très vigilants à ce que de simples opérations de communication gouvernementale ne remplacent pas le nécessaire retrait des autorisations de mise en marché de ces produits à base de glyphosate, tant pour l'usage amateurs qu'agricole», précise en retour Fançois Veillerette de Générations futures. Entre 2009 et 2013, la consommation de produits phytosanitaires a augmenté de 5 % par an entre 2009 et 2013, avec un pic à 9,3% en 2013.

 

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Quelques bonnes nouvelles, Monsanto recule et annonce 13 % d'effectifs en moins dans les deux ans :

 

Article du site mieux-vivre-autrement.com, tiré du site lemonde.fr en octobre 2015 :

 

Monsanto recule, face à des chiffres en baisse, le groupe a annoncé mercredi 7 octobre, qu'il supprimerait 2 600 emplois dans les 18 à 24 prochains mois, soit environ 13 % de ses effectifs totaux, pour faire entre 275 et 300 millions de dollars d'économies.

 

Faut-il se réjouir de l'annonce du licenciement de milliers d'employés de la firme américaine Monsanto ? Sans aucun doute : oui. Quand Monsanto recul, c'est l'humanité qui avance. Quoi qu'en disent certains illuminés sur la nécessité de nourrir l'ensemble de la planète, des solutions autres, performantes et respectueuses de la vie existent !

 

Des précisions :

 

Monsanto emploie quelque 20 000 personnes à travers le monde. Les fonctions marketing et commerciales seront particulièrement touchées, sans que l'on sache quels pays seront concernés.

 

Il fait face à des difficultés économiques et financières. Ses actions ont reculé de 26 % en 2015. Ses bénéfices ont reculé de 15,5 %, à 2,31 milliards de dollars lors de son dernier exercice fiscal, et ses prévisions jusqu'en 2016 sont nettement en dessous des attentes.

 

Les ventes de semences transgéniques, sa principale source de revenus, ont reculé de 4,6 % l'an dernier, dans le sillage de la baisse de 2 % des prix du maïs et de 12,7 % de ceux du soja. Quant aux engrais et désherbants, leurs revenus ont décroché de 7 %.

 

Monsanto est aussi rattrapé par des enjeux environnementaux. Il pâtit du gel dans différents pays de la commercialisation de son désherbant vedette, Roundup, régulièrement mis en cause dans la surmortalité des abeilles. Il s'est aussi trouvé récemment au cœur de l'actualité après le classement en mars du glyphosate, son principe actif, comme « cancérogène probable » par l'agence du cancer de l'Organisation mondiale de la santé.

 

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Mon avis : (C.M.)

 

Voilà ce que l'on voit sur la page d'accueil du site de Monsanto. Une belle affiche, n'est-ce pas ? Mais mensongère et manipulatrice au possible ! Une affiche qui cache en réalité de nombreux cadavres. D'ailleurs, les personnes ne s'y trompent pas, puisque la notation du site de Monsanto (WOT) est rouge avec comme indication : "Affirmations mensongères ou immorales".

 

 

On peut légitimement se demander ce que font les gouvernements des pays qui laissent à la vente, pour nos agriculteurs et les particuliers, ce genre de produits destructifs ? Bien entendu, ma question est volontairement naïve lorsque l'on comprend comment fonctionne l'économie d'un pays, avec des décideurs politiques sous pression constante des Lobbies et les arrangements financiers sous-jacents qui vont avec. Car s'il n'y avait pas ce type d'arrangements, il n'y a aucune raison que ces entreprises agro-chimiques et biogénétiques puissent prospérer. Certes, il y a quelques fissures qui commencent à se faire jour en ce qui concerne Monsanto qui débauche, et c'est plutôt une bonne nouvelle, mais soyons prudents car la malignité de ces entreprises est redoutable. Elles ont des moyens financiers colossaux, et comme ce monde fonctionne avec l'argent... Pour ma propre conclusion, je dirais que si le "diable" existait et avait un visage, il aurait comme représentant certainement Monsanto et ses sinistres confrères.

 

Voir également : Monsanto - les produits à boycotter

 

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